Confrontée à une ‘’histoire d’escroquerie pyramidale’’ qui lui est reprochée dans plusieurs pays d’Afrique, Qnet continue de défrayer la chronique. Elle a réagi aux mises en garde des autorités Tchadiennes à l’endroit de leurs populations, pour se dédouaner. Dakaractu qui depuis, longtemps, suit cette affaire, a pu entrer en contact avec quelques responsables de ladite société. Ceux-ci ont d’emblée contesté fermement les accusations faites à leur structure. Il s’agit d’allégations de fraude proférées contre leur boite à Thiès (Sénégal).

‘’En référence aux récentes informations sur l’arrestation de certains distributeurs indépendants de Qnet au Sénégal, lesquelles soutiennent des opinions fallacieuses et des allégations sans fondement contre Qnet, nous saisissons cette occasion pour prendre acte et corriger la désinformation répandue sur les activités de Qnet. M. Biram Fall, directeur général régional de Qnet pour la région de l’Afrique sub-Saharienne, collabore et coopère avec les autorités concernant une affaire contre plusieurs individus supposés être des distributeurs de Qnet au Sénégal. M. Fall s’est toujours mis à la disposition des autorités et s’est fréquemment rendu à Thiès pour leur fournir des informations, clarifier les idées fausses et coopérer dans le cadre de toute investigation’’. 

Sans s’en limiter là, elle a relevé l’impossibilité dans laquelle elle se trouve de pouvoir apporter toutes les réponses nécessaires. ‘’Dans l’état actuel des choses, nous coopérons pleinement avec les autorités dans leurs enquêtes. Comme le dossier est actuellement devant les tribunaux, nous ne sommes pas en mesure de discuter des détails supplémentaires de l’affaire. Une fois que les procédures juridiques seront terminées, nous serons pleinement prêts à répondre aux questions des médias. Toutefois, nous réfutons fermement ces allégations contre Qnet dans les informations fournies par les médias’’.

’Qnet n’a pas de bureau au Sénégal et n’a jamais ouvert d’école pour des cours de marketing en ligne!’’

Ces responsables de ladite boite saisis par nos soins, ont aussi tenu à démonter pièce par pièce, les accusations portées à leur encontre. À ceux qui disent que ‘’Qnet est une société de vente en ligne malaisienne qui fait la promotion d’une escroquerie ou d’une fraude à grande échelle’’, une réplique a été servie. ‘’Qnet est une société de vente directe depuis 21 ans, basée à Hong Kong et qui utilise une plateforme de commerce électronique pour vendre une large gamme de produits et services, notamment des produits de santé et de bien-être, des cours de formation en ligne, des forfaits vacances, des montres et des bijoux. La vente directe est une industrie mondiale bien établie depuis près de 100 ans et qui a généré 192 milliards de dollars américains en 2018 (environ 96 000 milliards de F Cfa)’’. 

Qnet, dans un échange de courrier avec la rédaction, a vanté les mérites de la vente directe. ‘’Elle offre aux personnes la possibilité de devenir propriétaires de petites entreprises ; d’être des micro-entrepreneurs capables de créer leur propre entreprise de vente et de toucher des commissions sur les ventes de produits et services de Qnet’’. D’ailleurs, renseignent nos interlocuteurs, ‘’Qnet a aidé des centaines de milliers de personnes, dans le monde, à transformer leurs vies en utilisant nos produits et services et à devenir financièrement indépendants en bâtissant une entreprise de vente prospère’’.

‘’Nous recherchons actuellement pourquoi et par qui notre nom est lié à cette école’’

Parlant de l’école ouverte à Thiès pour, disent-ils, offrir des cours de marketing en ligne et la campagne de recrutement d’étudiants, précision a été faite que ‘’Qnet n’a pas de bureau au Sénégal, n’a jamais ouvert d’école pour des cours de marketing en ligne et n’organise pas de campagnes de recrutement. Nous ne sommes affiliés à aucune de ces écoles, et nous recherchons actuellement pourquoi et par qui notre nom est-il lié à cette école ?’’

Moment ne pouvait être plus opportun pour Qnet de clarifier son système d’investissement qui obligerait les utilisateurs à déposer de grandes sommes d’argent. ‘’Qnet n’est pas un programme d’investissement ou de dépôt d’argent. C’est purement une entreprise de vente directe qui commercialise des produits et des services pour des clients du monde entier. Qnet accepte uniquement les paiements pour les produits achetés via son portail de commerce électronique. Si les clients souhaitent s’inscrire en tant que distributeurs, également appelés représentants indépendants (Ir), ils payent des frais d’inscription de 30 dollars (environs 20 000 F Cfa) et ont accès à un bureau virtuel sur le site internet de Qnet, grâce auquel ils peuvent enregistrer toutes les ventes qu’ils réalisent et garder trace des commissions qu’ils ont gagnées sur ces ventes’’.

Leur crédibilité mise en jeu, dans certains pays africains dont le Tchad où les autorités ont mis en garde les populations contre elle, Qnet s’est mise sur la défensive. Elle dit respecter ‘’les lois de tous les pays dans lesquels elle opère’’. Les responsables de ladite entreprise de commerce en ligne indiquent, en ce sens, qu’ils appliquent ‘’un code de conduite strict à (leurs) distributeurs et attendent d’eux qu’ils se conforment à toutes les exigences légales de leur pays. S’il s’avère qu’un distributeur Qnet enfreint leurs politiques et procédures, eux-mêmes allaient prendre ‘’des mesures sérieuses à leur encontre’’, notent-ils.

Les frais d’inscription chiffrés à moins de 20 000 F Cfa pour avoir accès à un bureau virtuel sur le site internet

Au Sénégal, les recherches menées sur Qnet ont permis d’identifier beaucoup de personnes connues du grand public. Charles Faye, journaliste est de celles-là. Contacté par Dakaractu, dans le cadre d’une collecte d’information sur Qnet dont il est un représentant indépendant, il a répondu de go : ‘’Il n’y a rien à dire. Je suis un représentant indépendant de Qnet point final’’. Relancé, après des échanges de plus d’une demi-heure, il a poursuivi ses propos : ‘’Dans cette affaire dont on parle, je ne sais même pas de quoi il s’agit. Par contre j’ai vu les papiers. Je les ai trouvés scandaleux avec des limites extraordinaires. Je vais faire un papier pour expliquer aux gens c’est quoi cette affaire-là. Mais, il y a tellement de gens qui m’ont appelé pour me demander c’est quoi cette affaire-là ! On parle de Qnet qui est le sponsor officiel de Manchester City, qui occupe le 47e étage de l’Immeuble de la Banque de Chine à Hong Kong et qu’on accuse d’avoir truandé des gens-ici !

Il en rit un moment puis ajoute : ‘’Il ne faut pas en rire, mais il y a des gens malintentionnés. Et cela je l’avoue. Je vais te dire, j’ai inscrit ma femme dans le Qnet. Donc, je vais truander ma femme ? C’est moi qui mets mon argent et qui achète pour ma femme. Je vais me truander donc moi ? Les gens ne se rendent même pas compte de ce qu’ils font. S’il y a ce problème, c’est parce qu’il y a quelqu’un qui a arnaqué l’argent d’autrui’’, a-t-il confié.

Le journaliste Charles Faye et Pape Gorgui Ndong, l’ex-ministre de la Jeunesse, s’expliquent

Pape Gorgui Ndong, ministre de la Jeunesse d’alors, était aux premières loges lors d’une activité phare de Qnet. Dans un entretien téléphonique qu’il a accordé à Dakaractu, l’ex-ministre s’est voulu très clair, après avoir été mis au parfum de ce qui était reproché à ladite société. ‘’Au moment où je me rendais au lancement de Qnet, Dieu sait que je n’étais pas au courant d’un quelconque problème de ladite structure au Sénégal ou hors de nos frontières. On m’avait invité à une activité de jeunesse, on m’a parlé d’une activité génératrice de revenus’’.

‘’J’y suis juste allé pour répondre à une invitation. Et puis, s’il est avéré que Qnet est accusé d’avoir escroqué des gens ou est coupable d’avoir causé un scandale, c’est à la justice de régler ce problème. Alors ministre en charge de la jeunesse, j’ai été invité par des autorités de Qnet que je ne connais même pas. Je ne me reproche rien. J’ignore jusqu’à leur façon de fonctionner. J’ai cru comprendre que c’est une société qui, je le croyais bien, pouvait générer du profit en offrant des emplois aux jeunes. Cette structure m’a invité à une de leurs activités et je m’y étais rendu, c’est tout’’, a-t-il déclaré.

‘’Le représentant indépendant, engage sa seule responsabilité et en aucune manière celle de Qnet’’

Par ailleurs, Biram Fall, directeur Afrique sub-Saharienne de Qnet contacté grâce à ses proches collaborateurs a apporté lui aussi un certain nombre d’éléments de réponse. À la question de savoir ‘’est-ce que la responsabilité pleine et entière de Qnet est engagée quand un représentant indépendant pose des actes qui entrainent des plaintes et des arrestations comme ce fut le cas à Thiès ?, il a répondu tout de go : ‘’A priori non !’’

Il a toutefois poursuivi ses propos pour dire que ‘’les représentants indépendants, encore appelés distributeurs indépendants, comme leur nom l’indique, sont les distributeurs des produits de Qnet. Ils ne sont pas des employés de la société. Ils sont des entrepreneurs autonomes responsables de leurs activités de distribution des produits Qnet (…). Toute violation de ce code expose en conséquence le représentant indépendant trouvé fautif, après enquête approfondie, à des sanctions’’.

Pour ce qui est relatif aux limites, en termes de responsabilité, des représentants indépendants, M. Fall a fait une précision de taille. Selon lui, ‘’n’étant pas employé de la compagnie, le Représentant indépendant, engage sa seule responsabilité et en aucune manière celle de Qnet, dans le cadre des actions commerciales qu’il mène ès qualité. En clair, s’il advient qu’au cours de ses activités, le représentant indépendant contrevienne aux lois et règlements de l’État où il mène son activité, il en assume, en conséquence, l’entière responsabilité. (…). Qnet assure sa collaboration entière et franche aux autorités de chaque pays pour mettre hors d’état de nuire tout représentant indépendant coupable d’acte de fraude ou d’abus de confiance’’.

‘’… force restera à la loi.’’

Pour des raisons stratégiques, il n’a pas voulu révéler le nombre de représentants indépendants de Qnet dont il juge l’activité ‘’très dynamique’’. Mais, il a avoué qu’il existe dans la région ‘’un nombre très important d’adhésions. (…). Des milliers de distributeurs y soutiennent notre activité et le Sénégal n’est pas en reste’’.

Vu la mauvaise publicité dont est l’objet Qnet, aujourd’hui, au Sénégal, M. Fall, dit tout laisser entre les mains de la justice. ‘’Nous laissons la justice suivre son cours et force restera à la loi.  En tant que société citoyenne, nous sommes respectueux des lois de chaque état où nous menons notre activité’’, conclut-il.

Article original paru dans Dakaractu